Édition numérique : points de repères pour l’Afrique

L’édition numérique dans les pays en développement (2010)

Kulesz, O. (2011). L’édition numérique dans les pays en développement. Alliance internationale des éditeurs indépendants. Chapitre : Afrique Subsaharienne (page 42-59).
Consulté le 15/01/14, à l’adresse : 
http://alliance-lab.org/etude/wp-content/uploads/edition_numerique.pdf

L’édition numérique en Afrique subsaharienne demeure encore à l’état embryonnaire. Même si l’offre d’e-books se développe lentement, palliant ainsi la quasi-absence de manuels, le papier demeure le format privilégié puisqu’il représente 90 % des publications. L’expérience du Kindle en Afrique du Sud et au Ghana démontre que la lecture numérique aurait bien pu avoir du succès mais le coût d’accès à ce dispositif reste un luxe réservé à l’élite. Les considérables efforts d’organisations altruistes telles Worldreader1 et OLPC2 dans les pays du sud sont restés stationnaires car ils se sont heurtés aux différences culturelles nord-sud. La problématique de l’édition numérique importée reste la difficulté à offrir des contenus qui parlent vraiment aux subsahariens ; les barrières linguistiques et/ou les illustrations inadaptées à leurs références étant les obstacles majeurs.

Heureusement, les entreprises locales ne sont pas restées en marge. Bon nombre d’entre elles se sont spécialisées dans la commercialisation de livres numériques : la maison Nouvelles Editions Numériques Africaines (NENA) proposent des manuels juridiques sur cédérom, l’impression à la demande et l’autoédition avec la possible distribution des livres en format électronique. De nombreux sites de ventes en lignes africains – tels les célèbres Kalahari et Exclus1ves – ont eux aussi vu le jour et ont eu le mérite de mettre les e-books et les revues numériques à la disposition de leur public.

À côté de ces plateformes commerciales, il y a des dépôts numériques spécialisés dans la numérisation et la publication de ressources libres : Human Sciences Research Council Press et African Journal Online (AJOL) ont particulièrement attiré l’attention de l’auteur. Le premier diffuse des ressources en sciences sociales téléchargeables gratuitement ou imprimables à bas coûts. Le second recense les travaux des chercheurs en vue de leur vulgarisation sur Internet.

Ces balbutiements, encourageants, restent encore très faibles. Toutefois la téléphonie mobile, qui connait un essor fulgurant, apparait comme un atout à exploiter. Aussi des expériences de lecture via ce moyen ont vu le jour. L’université sud-africaine UNISA offre un accès à sa bibliothèque par le biais du téléphone portable. Certaines entreprises à l’instar de Cellbook3 et Mobfest n’ont pas hésité à plébisciter l’édition numérique mobile. MXit a tenté l’expérience des mobile books (m-books), au moyen d’un site mobile et d’une bibliothèque virtuelle.

Pour les éditeurs traditionnels qui restent encore confrontés aux coûts du papier et au faible nombre de librairies en Afrique, l’édition numérique représente une réelle opportunité à condition d’avoir une bonne formation aux TIC, des partenaires dans le secteur public, des coûts de réduction des logiciels ou de s’orienter vers les logiciels libres et de disposer de moyens de lutte contre le piratage. La numérisation des fonds des maisons d’édition reste un préalable à mettre en œuvre.

Synthèse : AO

 

Vade-mecum pour des partenariats éditoriaux Sud-Nord « équitables » (2011)

Alliance internationale des éditeurs indépendants (Éd.). (2013). Petit guide du partenariat éditorial équitable.
Consulté le 14/01/14, à l’adresse :
http://www.alliance-editeurs.org/IMG/pdf/Vademecum_relation_partenariale_juste_entre_editeurs_du_Nord_et_editeurs_du_Sud.pdf

Ce document présente les résultats d’une réflexion menée par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, sur des partenariats justes entre éditeurs du Nord et du Sud. Le constat selon lequel les partenariats éditoriaux peuvent, pour la plupart, être marqués à l’heure actuelle, par une certaine inéquité entre acteurs, ce constat résulte bien souvent de l’affaiblissement d’un des partis (les partenaires du Sud pour la majorité des cas) et appelle à des considérations sur les règles les encadrant.

Tout en invitant à la création de partenariats, les auteurs du Petit guide du Partenariat éditorial équitable incitent à la prudence et à une clarté dans l’écriture des contrats, dans la définition des rôles, pour conserver la logique d’équité que tout partenariat devrait suivre. Plusieurs formes de partenariats éditoriaux sont envisagées par le Guide :

- en termes de production, deux modèles peuvent être suivis : la « coédition logo ou co-production », où « l’un des éditeurs produit entièrement l’ouvrage », ajoutant simplement le logo de l’autre qui s’engage sur un nombre minimal d’exemplaires à acheter, et la « coédition solidaire » où l’ensemble des décisions sont prises collectivement par les acteurs. Les auteurs précisent bien que ces deux formules représentent des extrêmes opposés et qu’une marge de manœuvre existe bien entendu entre les deux.

- En dehors d’une production éditoriale conjointe4, les auteurs observent, en particulier au Sud, une coopération autour de projets de diffusion et de distribution d’ouvrages : un éditeur peut choisir de se faire représenter par un autre lors événements (des salons, par exemple).

Le Petit Guide développe ensuite quelques grands principes du partenariat. Ceux-ci concernent la gestion des ressources financières (tenue de comptes, prévisions financières), le besoin de conseil et d’expertise externes, l’attention à porter à l’élaboration des contenus, la nécessité de se reposer sur les acteurs locaux le plus possible en termes de promotion, communication et expertise. Un autre point central soulevé par les auteurs est l’importance du transfert des technologies et des compétences (Nord-Sud, mais également entre pays de la même région), en particulier en ce qui concerne les éditions numériques, afin de limiter le risque de dépendances et de favoriser la montée en compétences des partenaires du Sud, pour des partenariats toujours plus équitables.

Synthèse : JTT

1 Worldreader a pour objectif de lutter contre l’analphabétisme en proposant des e-books via le projet « One Kindle Per Child ».

2 OLPC qui signifie One Laptop Per Child. L’opération correspondant vise à soutenir l’éducation des enfants en âge de scolarisation, en mettant des contenus numérisés à la disposition des professeurs et élèves.

3 Une note en en-tête du nouveau site annonce que CellBook a cessé ces activités : www.cellbook.com/.

4 Petit guide du partenariat éditorial équitable, AIEI, p. 4.

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