Ressources éducatives & logiciels libres

Onze documents en langue française ont été sélectionnés et synthétisés au sujet des Ressources Éducatives Libres (REL) et des logiciels libres en Afrique subsaharienne et dans les pays francophones. On peut caractériser cet ensemble (11 documents) ainsi :

Zones géographiques

  • Afrique subsaharienne : 2

  • International : 5

  • Pays francophones : 4

Types de discours

  • Scientifique : 7

  • Militant : 2

  • Vulgarisation : 2

Le corpus est composé par une majorité de documents issus de la recherche ; quatre des onze documents synthétisés sont issus de sources diverses présentant des discours différents au sujet des REL. Les textes sont organisés en quatre parties : la première rassemble ceux relatifs aux ressources et aux logiciels libres dans les pays d’Afrique Sub-saharienne ; la seconde présente les questions que posent les développements du libre à l’échelle internationale ; la troisième est consacrée aux utilisations qui sont faites ou encouragées des ressources éducatives et des logiciels libres et la dernière partie présente une esquisse des besoins en termes de consensus au sein des communautés concernées par ces débats ainsi qu’en termes d’accompagnement pour les enseignants.

Pour l’Afrique sub-saharienne, Jahjah (2012) présente un témoignage d’acteur de l’édition africaine impliqué dans la diffusion du modèle du libre qui met en avant la nécessité d’organiser des campagnes d’information pour sensibiliser les éditeurs africains à l’intérêt et à la pertinence de l’utilisation de logiciels libres pour leurs activités. Les formations organisées par l’OIF sont citées comme des exemples de bonnes pratiques sur ce point. D’autres besoins importants mentionnés concernent les développements techniques  nécessaires pour la transcription des langues africaines ainsi que ceux de politiques fortes pour soutenir le déploiement et la formation aux utilisations de logiciels libres en édition et en éducation.

Thibeault (2010) présente ensuite l’intérêt de la déclaration de Yaoundé qui a eu lieu en 2010 et qui associe chercheurs et promoteurs des TIC : cette déclaration propose une organisation des actions en faveur du déploiement de ressources éducatives libres en fonction de 6 axes tels que l’identification des besoins des enseignants ou la publication de bonnes pratiques.

Au plan international, une publication récente de l’Unesco (2013) s’intéresse aux ressources éducatives libres pour l’enseignement supérieur mais la réflexion peut être transférée à d’autres niveaux de l’éducation. L’intérêt de ces ressources est situé dans le fait qu’elles favoriseraient la gestion de l’accroissement des effectifs d’apprenants dans un contexte où les ressources humaines et financières n’augmentent pas. Un ensemble de préconisations est ensuite adressée aux différentes communautés concernées par l’enseignement supérieur et on retient qu’une partie d’entre elles est notamment adressée aux responsables d’établissements.

Thibert (2008) plaide en faveur d’une considération des besoins de mutualisation et d’accès aux ressources pour les éducateurs : il éclaire les tensions relatives à l’interopérabilité ainsi que celles se manifestant entre les usages des ressources et « la législation concernant le droit d’auteur et le copyright ». Il appelle les institutions à développer des politiques volontaristes dans le domaine de la diffusion des ressources.

Au plan des utilisations des ressources éducatives et des logiciels libres, Endrizzi (2012) permet de resituer l’émergence du débat au début des années 2000. Une décennie après, l’auteure pointe le passage de la centration sur les ressources en elles-mêmes à celles sur les « pratiques éducatives libres »1 : « la mise à disposition de ces ressources n’a pas suffi à en assurer l’usage ».

Thibeault (2013) met en évidence le rayonnement croissant du mouvement du libre du fait d’un gain en fiabilité de ces logiciels. Il montre aussi des mouvements d’intérêt récents des gouvernements,  notamment en France et au Québec, en faveur des logiciels libres pour l’administration et les institutions éducatives. L’article se clôt sur l’identification d’un mouvement similaire pour des entreprises privées, qui peut préfigurer de nouvelles formes d’exploitations de la créativité.

Gilliot (2010) analyse les différentes formes de diffusion actuelles des ressources éducatives et met en évidence une structuration de leur diffusion autour de réseaux collaboratifs. Il montre que ces pratiques de mutualisation en réseau peuvent se développer en se basant sur la notion de ressources éducatives libres, basée sur un modèle proche du logiciel libre

Quentin (2013) permet d’approfondir la considération des modes d’organisation des pratiques de mutualisation des enseignants. Elle permet aussi de resituer les enseignants au cœur de l’utilisation des ressources. Ses analyses peuvent éclairer des modes d’intégrations différant en fonction de l’organisation des réseaux auxquels les enseignants prennent part.

Finalement, les résultats des journées d’études organisées par l’équipe EducTice de l’ENS de Lyon (2009) permettent de ré-interroger les formes de mutualisation de ressources et d’expériences ainsi que les relations entre conception (processus, modèles, qualité…) et usages de ressources (approches disciplinaires, interdisciplinaires…).

Solliec (2010) permet de mettre en relation la question des utilisations de ressources éducatives libres avec les problématiques de formation des enseignants à l’utilisation de TIC ou encore, avec les besoins de développement d’une offre éditoriale plus interactive qui prenne en compte la diversité des situations des élèves (notamment ceux en situation de handicap). Ces besoins entrent en tension avec le modèle éditorial fort du manuel scénarisé pour garantir la cohérence de l’approche pédagogique. Le texte, dans son intégralité permet de réfléchir aux régulations nécessaires au sein d’écosystèmes élargis, impliquant diverses communautés dans la production et l’utilisation des ressources en classe.

Finalement, Nissen & Soubrié (2011) présentent une recherche originale et aboutie qui peut servir d’exemple pour d’autres expérimentations visant l’accompagnement des professeurs dans l’utilisation de TIC et pour l’appropriation de pédagogies actives.

(AB)

1 Le syntagme OEP existe en langue anglaise et se décline en Open Educational Practices.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>