Smartphones, tablettes et liseuses

Douze documents ont été sélectionnés et synthétisés au sujet des tablettes et smartphones en Afrique et dans les pays francophones. Nous pouvons caractériser cet ensemble de documents (12) ainsi :

Zones géographiques

  • Afrique : 2

  • International : 6

  • Pays francophones : 2

Types de discours

  • Scientifique : 3

  • Militant : 1

  • Prophétique : 5

  • Vulgarisation : 3

Le corpus regroupe des rapports de l’Unesco, des articles scientifiques et des documents issus de sources marchandes ou de vulgarisation. Il représente ainsi la grande diversité des discours concernant les technologies mobiles, bien que de nombreux points de convergence soient relevés.

Les « technologies mobiles » renvoient à une multiplicité d’appareils qui peuvent être rassemblés par des traits communs : leur caractères informatique, leur facilité de transport ainsi qu’un certain nombre de fonctionnalités permettant, entre autres, « la communication, le stockage de données, les enregistrements audio et vidéo, la géolocalisation » (UNESCO, 2012a, p. 11). Leur nombre a augmenté de façon exponentielle ces dernières années, leurs usages se sont diversifiés et leur présence au quotidien est incontestable. De nombreuses initiatives – publiques ou privées – d’inclusion des technologies mobiles en éducation ont été lancées, « soutenues » par des discours institutionnels favorables à l’apprentissage mobile, avec des impacts plus ou moins positifs selon les contextes.

En Afrique, le développement de la téléphonie mobile laisse entrevoir de nouvelles modalités d’enseignement et d’apprentissage (« Apprentissage Mobile, Madagascar », 2012 ; Journal de Brazzaville, 2013 ; Nijimbere, Mbwayiba, & Dayishimiye, 2013 ; Roy, 2012). Des partenariats public-privé sont initiés, tels que ceux lancés par IFAEM avec Orange et l’AFD. Ils montrent que le marché de l’éducation devient de plus en plus attractif, en particulier pour les acteurs privés qui influencent les investissements dans le secteur. Un dossier sur le portail national des professionnels de l’éducation français (Eduscol, 2013) propose un premier retour sur les nombreuses expérimentations de tablettes en classe engagées  par le Ministère ces dernières années. Le rapport estime que, depuis 2010, le nombre de tablettes est en augmentation constante.

L’Unesco souligne à plusieurs reprises, dans ses rapports (2012a, 2012b, 2012c, 2013a, 2013c), l’importance de développer l’apprentissage mobile dans une visée de parité et d’équité. La planification de la diffusion des TIC devrait se faire dans l’optique de réduire la fracture numérique entre hommes et femmes ainsi qu’entre habitants des milieux ruraux et urbains. Le développement de ressources en langues locales, la création de plateformes d’échange pour enseignants et apprenants permettraient d’accueillir des publics en marge du secteur formel pour des raisons « physiques, sociales ou économiques » (p.19). L’accès à l’éducation et la formation des bénéficiaires des milieux ruraux, pauvres ou encore des bénéficiaires en situation de handicap, pourraient ainsi être améliorés.

La grande majorité des documents présentés fait état des besoins en formation des enseignants à travers le monde. L’accès limité à des ressources et matériels pédagogiques de qualité se répercute non seulement sur la formation des maîtres mais également sur la qualité de leurs cours. Les technologies mobiles sont présentées, dans de nombreux articles, comme des outils pouvant résoudre cette tension. De plus, elles pourraient permettre d’impulser de nouvelles pratiques du corps professoral, du fait de la possibilité de se mettre en réseau avec d’autres professionnels, de la souplesse dans l’organisation, la gestion et le pilotage des classes, du fait également de l’amélioration de l’agentivité des enseignants qui se trouvent libres de composer leurs propres activités. Le partenariat IFADEM, AFD, Orange prévoit un renforcement de leur dispositif d’auto-formation tutorée par l’introduction des téléphones mobiles en tant qu’outils de formation, qui augmenterait donc les « possibilités d’accompagnement ».

Cependant l’utilisation de ces technologies dans la pratique doit s’accompagner d’une réflexion sur celle-ci. Du Roy (2012) conclut en effet dans son article à l’intérêt de ces outils en termes de créativité, tout en rappelant que la technologie n’est pas, en elle-même, porteuse de développements. Elle « doit servir et accompagner les objectifs pédagogiques qu’on lui a assignés ».  Ainsi, la diffusion et l’utilisation des technologies mobiles peuvent rencontrer des obstacles de plusieurs ordres. Bien que de plus en plus d’initiatives aient recours à la technologie solaire pour parer aux manques d’installations électriques, le manque d’infrastructures et de connectivité sont des freins importants à la mise en place de l’apprentissage mobile. Les contraintes liées à l’environnement, au climat, restent également pertinentes et prégnantes. L’inadéquation des outils, pensés et conçus pour le grand public, avec les usages en classe est également un obstacle relevé plusieurs fois par les rapports et articles. Il demeure également une représentation négative de l’apprentissage mobile et des TIC, du fait de résultats mitigés d’expérimentations ponctuelles et mal planifiées, de nombreux dysfonctionnements accompagnant leur implantation en classe ainsi que du manque de sensibilisation et de formation auprès des parties prenantes. Ces facteurs engendrent une certaine réticence de la part des acteurs.

L’élaboration de stratégies de diffusion devrait se faire sur la base préalable de l’identification des « moyens culturellement pertinents » d’introduction des TIC dans les communautés. L’importance d’une approche participative, incluant tous les acteurs scolaires – apprenants inclus – dans la formulation des stratégies et des politiques de diffusion des technologies mobiles en éducation, est soulignée plusieurs fois, notamment par l’Unesco (2013a).

(JTT)

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