Considérations sur les TIC en Afrique : utilisations en éducation et politiques publiques

Observatoire de l’Agenda panafricain de recherche en intégration pédagogique des TIC (PanAf)

Observatoire TIC. (2006).
Consulté le 14/01/14, à l’adresse : 
http://www.observatoiretic.org/default/use

L’Observatoire permet de rassembler puis de partager librement des ressources et des publications sur les politiques, les pratiques et les recherches sur l’intégration pédagogique des TICE dans les systèmes éducatifs africains.

Deux phases de travail se sont succédées : la phase 1 en 2007-2008 a permis de recueillir un très grand nombre de données sur les TICE dans les écoles africaines, ainsi qu’à mettre en place des partenariats avec des bailleurs et des organisations internationales (Banque Mondiale, Unesco). La phase 2, prévue de 2009 à 2011, s’est particulièrement attachée à l’analyse des données collectées, afin de formuler des recommandations à l’intention des décideurs (dans le but d’améliorer les politiques liées à l’intégration des TICE), des chercheurs travaillant sur ces problématiques, des formateurs pour la formation des enseignants, et des acteurs de l’éducation à différents niveaux (éducateurs, enseignants, superviseurs, directeurs d’écoles etc.).

Les recherches menées pendant la phase 2 avaient également pour but de mettre en évidence les circonstances amenant les enseignants à utiliser les TICE, de comprendre les réformes éducatives en Afrique, d’analyser les contextes favorables au développement de politiques d’éducation par les TICE en Afrique, de comprendre l’impact des TICE sur l’achèvement scolaire des apprenants en Afrique.

Le projet PanAf renouvelle régulièrement ses collectes d’informations et de données afin d’alimenter l’Observatoire, permettant ainsi de comparer différentes périodes d’intégration pédagogique et différents espaces géographiques. Le réseau est depuis sa création reconnu pour « l’audace et l’avant-gardisme dont il fait preuve en matière de collecte de données, de partage et renforcement des capacités ».

Synthèse : JTT

Intégration pédagogique des TIC : succès et défis de 100+ écoles africaines (2012)

Karsenti, T., Collin, S., & Harper-Merrett, T. (2012). Intégration pédagogique des TIC : succès et défis de 100+ écoles africaines. Ottawa: CRDI. 358p.
Consulté le 14/01/14, à l’adresse :
http://www.observatoiretic.org/documents/2011-11_livre_fr.pdf

Cet ouvrage collectif dresse un portrait de la recherche sur l’intégration des TIC dans les systèmes éducatifs en Afrique, en s’appuyant sur des recherches menées dans le cadre du projet de l’Agenda panafricain de recherche sur l’intégration pédagogique des TIC (PanAf). Ce projet international vise à comprendre comment l’intégration pédagogique des TICE peut améliorer la qualité des enseignements et des apprentissages en Afrique1. Il intègre des équipes de recherches nationales de treize pays africains. Les données recueillies sont partagées via l’Observatoire panafricain pour les TICE. L’ouvrage décrit le projet, fait une synthèse des résultats par pays, puis formule des recommandations.

Plusieurs constats servent de point de départ au projet : d’une part, face à l’augmentation de la demande d’enseignement supérieur, les TICE peuvent répondre à « la carence d’enseignants disponibles en présentiel » et ainsi en favoriser l’accès. De plus, les TICE sont devenus un « enjeu social » important pour les pays africains du fait du processus de « mondialisation économique et socio-culturelle » et l’apprentissage de l’informatique ainsi que l’utilisation de l’informatique pour l’apprentissage deviennent centraux. D’autre part, l’intégration pédagogique de TIC est confrontée à plusieurs défis que les auteurs classent en quatre catégories : les défis infrastructurels (ex : panne de réseau), technologiques (ex : manque d’équipement), humains (ex : manque de formation chez les enseignants) et financiers (manque de financement stable et de longue durée).

Les auteurs définissent le concept d’intégration des TICE, qu’ils séparent en deux types : l’intégration physique – qui consiste à placer les équipements à disposition des enseignants et des élèves pour des besoins ponctuels – et l’intégration pédagogique – qui résulterait d’une utilisation régulière des TICE par les élèves et les enseignants pour soutenir et améliorer les enseignements et les activités d’apprentissages. L’intégration pédagogique des TIC se traduirait ainsi par la mise en place de réseaux et d’équipements mais également par l’utilisation de techniques innovantes, à des fins de développement économique, sociétal et culturel2.

Les observations dans les écoles mettent en avant l’existence de quatre approches de l’intégration des TIC aux pratiques éducatives :

  • L’enseignement de l’informatique, considéré comme objet d’apprentissage, via des enseignements théoriques et magistraux ;

  • L’appropriation de TIC par les élèves, où les TIC sont toujours objets d’apprentissage mais où les apprenants sont appelés à en faire usage dans le but de se les approprier3 ;

  • L’enseignement de disciplines avec les TIC, où elles sont utilisées pour l’enseignement d’autres discipline. Les TIC ici ne sont ici plus objets mais outils d’apprentissage. Elles servent principalement à « améliorer les leçons préparées par les enseignants » et restent donc centrées sur le maître – ce que les auteurs estiment déjà être un changement de paradigme important pour l’Afrique (p. 346) où les TIC deviennent ainsi « outil au service de l’enseignement » ;

  • L’appropriation de diverses connaissances par les élèves, avec les TIC : les élèves utilisent les TIC pour apprendre d’autres disciplines scolaires, ce qui leur donne de l’autonomie dans les recherches et l’apprentissage4.

Les observations montrent qu’il n’y a pas de réelle intégration pédagogique des TIC car dans la très grande majorité des cas il est plutôt question « d’enseignement de l’informatique ».

Les recherches du PanAf s’attachent également à examiner « quelles pratiques de formation (…) sont susceptibles d’assurer une qualification professionnelle » des enseignants. Les recherches rendent compte de l’hétérogénéité des possibilités qu’ont les institutions d’exploiter les TIC pour la formation de leurs élèves-enseignants5, du fait des quatre défis mentionnés plus haut. Elles montrent que l’utilisation des TICE dans la formation et le perfectionnement des enseignants présente des avantages6 et des contraintes : les deux principaux défis à l’utilisation des TIC en formation d’enseignant sont le nombre limité de professeurs formés aux outils et le manque d’accès aux équipements pour les élèves-enseignants du fait du petit nombre d’ordinateurs et d’autres outils dans les écoles.

Ainsi, les auteurs concluent que, pour que les TIC contribuent de façon effective à l’amélioration de la qualité de l’éducation en Afrique, il est indispensable de progresser vers un paradigme d’éducation davantage centré sur l’élève (les élèves peuvent expérimenter et rechercher par eux-mêmes par le biais des TIC) et où les disciplines sont décloisonnées (les TIC favorisent la pratique effective de l’interdisciplinarité). Parmi les recommandations des auteurs se trouvent notamment la création de formation pour les formateurs d’enseignants, la définition de politiques nationales et d’établissement pour l’intégration des TIC ainsi que la mise en place de partenariats entre acteurs publics et privés.

Synthèse : JTT

Le processus de développement des NTIC dans le système éducatif malien. Éléments pour l’analyse (2006)

Sissoko-Touré, M. (2006). Développement des NTIC dans le système éducatif malien. Revue de l’EPI (Enseignement Public et Informatique).
Consulté le 07/01/14, à l’adresse :
http://www.epi.asso.fr/revue/articles/a0606b.htm

Le ministère de l’Éducation nationale malien, bien conscient de l’apport des TIC, milite pour qu’elles aient une place de choix dans son système éducatif. Si pendant longtemps le privé a eu une longueur d’avance, aujourd’hui le public ne compte aucunement rester à la traine. À travers différents partenariats avec des organismes internationaux et les Nations Unies, une dizaine de projets a vu le jour, offrant ainsi des opportunités de connexion dans les lycées et universités.

Nonobstant les apports non négligeables, même en ce qui concerne la formation des enseignants, ces efforts restent marginaux. D’une part, les coûts d’accès à Internet restent élevés pour le Malien moyen. D’autre part, de nombreuses régions restent encore enclavées. À l’instar des autres pays d’Afrique subsaharienne, une problématique importante réside dans la fracture numérique entre les usages dans la capitale et ceux des autres villes, entre les usages en villes et ceux des villages.

Si les programmes éducatifs et les examens sont à échelle nationale, les moyens d’acquisition des savoirs et les usages technologiques restent disparates. La jeunesse malienne tout comme celle de tout autre pays manifeste un engouement certain pour les TIC d’où le succès assuré de toute initiative qui lui sera proposée pourvu qu’elle soit financièrement accessible.

Synthèse : AO

Le statut des TIC en éducation : cas de la Côte d’Ivoire (2011)

Mian Bi, S. A. (2011). Le statut des TIC en éducation : cas de la Côte d’Ivoire. Revue de l’EPI (Enseignement Public et Informatique).
Consulté le 07/01/14, à l’adresse :
http://www.epi.asso.fr/revue/articles/a1111d.htm

Même si les TICE font partie des problématiques de plus en plus abordées en Côte d’Ivoire, leurs usages restent l’apanage des écoles d’ingénieurs pour lesquelles elles représentent un objet d’étude. Trois types d’approches des TICE ont été distinguées et ont permis de catégoriser les établissements considérés : les premiers dispensent des cours d’informatique tout en intégrant les TIC dans certains enseignements ; les seconds dispensent uniquement un cours d’informatique sans avoir aucun recours aux TIC ; les troisièmes n’ont aucun rapport aux TIC et à l’informatique.

Depuis 2009, les acteurs de l’Éducation Nationale manifestent le souci d’intégrer les technologies au système éducatif. Aussi sont-ils ouverts à toutes formes d’aides extérieures vu que les faibles moyens en équipements informatiques et le manque de formation des formateurs en la matière demeurent des handicaps majeurs. Il paraît opportun, pour l’auteur, qu’un véritable plan national voie le jour pour une meilleure intégration des TICE dans le système éducatif ivoirien.

Synthèse : AO

Promotion de dispositifs multimédias au Burkina Faso : pratiques, discours et stratégies d’acteurs (2012)

Dakouré, E. (2012). Promotion de dispositifs multimédias au Burkina Faso : pratiques, discours et stratégies d’acteurs.
Consulté le 22/12/13, à l’adresse : http://www.adjectif.net/spip/spip.php?article166

Cet article présente la synthèse de la thèse d’Évariste Dakouré, dirigée par P. Quinton et soutenue en 2011 à l’université de Grenoble. La thèse analyse, à partir de 69 entretiens et d’observations participantes menées dans des cybercafés privés ou d’ONG, les représentations d’acteurs promoteurs de la diffusion des TIC au Burkina Faso et d’utilisateurs de TIC, principalement des élèves.

La contextualisation qui est faite rappelle la filiation des discours actuels de promotion des TIC pour le développement du pays avec ceux qui ont donné lieu à diverses expérimentations depuis les années 1960. L’analyse des données montre par la suite que des enjeux économiques sous-tendent majoritairement les discours actuels des promoteurs, qu’ils soient des représentants de l’État Burkinabé ou d’ONG. Il est mis en évidence une des limites des discours de promotion des TIC qui n’associent pas les apports de ces instruments à des sphères d’activités spécifiques mais plutôt à un développement « général » du pays et des conditions de vie des habitants.

Finalement, des besoins de formations des populations sont également mis en exergue : « l’écart entre la perception des possibilités que les TIC offrent et les usages réels peut aussi venir du fait qu’un individu peut connaître des applications d’un dispositif de communication, sans avoir la capacité technique d’utilisation des applications en question ».

Synthèse : AB

Quelle(s) approche(s) pédagogiques des TIC dans l’enseignement supérieur au Maroc (2013)

Bezzari, S. (2013). Quelle(s) approche(s) pédagogiques des TIC dans l’Enseignement supérieur au Maroc.
Consulté le 22/12/13, à l’adresse : http://www.adjectif.net/spip/spip.php?article230

Dans cet article, S. Bezzari fait état d’une partie de ses travaux de thèse, relatifs à l’utilisation de TIC au sein d’un module d’enseignement de la communication proposé par la faculté des sciences et techniques de l’université Cadi Ayyad de Marrakech. Elle a conduit des entretiens libres et des observations participantes au sein des classes de toutes les enseignantes (6) travaillant dans le cadre de ce module.

Il ressort de ses analyses que les enseignantes ont été formées via des stages de formation continue à l’utilisation de progiciels (suites bureautiques), d’applications de messagerie électronique ou à la recherche d’informations sur internet. Le constat qui est fait, suite aux observations, est que les enseignantes utilisent généralement des technologies qui ne remettent pas en question la méthode frontale, « traditionnelle », d’enseignement (vidéoprojections, réponses aux questions d’étudiants par courrier électroniques, etc.). De plus, certains des besoins des étudiants (par exemple : connaître les pratiques « d’e-recrutement ») ne sont pas pris en compte au sein des formations actuelles.

L’article se clôt sur une série de préconisations larges portant autant sur des aspects de politiques publiques pour l’équipement en matériel informatique que sur des questions relatives à la formation, l’accompagnement des enseignants dans la mise en œuvre de méthodes tenant compte des affordances nouvelles des technologies et des besoins actualisés des étudiants.

Synthèse : AB

1 Karsenti, T., Collin, S. et Harper-Merrett, T. (2012). Intégration pédagogique des TIC : Succès et défis de 100+ écoles africaines. Ottawa, ON : IDRC, p 3.

2 Ibid,p51. Bien que cela suscite l’intérêt des élèves, les enseignants expriment une peur de « perdre le contrôle de leur classe ».

3 Ibid, p. 343.

4 Cette méthode, où l’enseignement est centré sur l’élève, ne concerne cependant que 5 % des écoles observées (p. 347).

5 Ibid, p. 21.

6 Une meilleure prestation des enseignants (facteur motivationnel, sources d’information et de réseautage) ; une amélioration de l’acquisition des compétences chez les élèves-enseignants ; une communication entre professeurs et élèves-enseignants facilitée par la messagerie électronique, une gestion de la formation facilitée (conception des évaluations, exploitation des résultats, élaboration des emplois du temps etc.).

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