Tableaux Numériques Interactifs (TNI)

Huit documents1 en langue française ont été sélectionnés et synthétisés en ce qui concerne les utilisations en éducation et les représentations des Tableaux Numériques Interactifs (TNI)2 en Afrique subsaharienne et dans les pays francophones. On peut caractériser cet ensemble de documents ainsi :

Zones géographiques

  • Afrique subsaharienne : 1

  • Afrique 3 : 2

  • Pays francophones : 5

Types de discours

  • Scientifique : 4

  • Militant : 2

  • Marchand : 1

  • Vulgarisation : 1

Le corpus présente une diversité de sources et de types de discours : la moitié des ressources a été prélevée dans les résultats de la recherche scientifique française, l’autre moitié provient de publications d’associations, de sources militantes, marchandes ou de vulgarisation, destinées au grand public. La synthèse de ces documents permet de mettre en perspective des questions de recherche à propos des TNI avec les représentations et les espoirs que différentes parties-prenantes entretiennent à leur sujet.

Cohn Bendit (2009) les perçoit, par exemple, comme des outils fondamentaux pour le développement de l’éducation pour tous en Afrique et le réseau des REPTA qu’il a fondé  défendent et promeuvent son potentiel, via des opérations de dotation de matériel dans plusieurs pays africains, pour augmenter les possibilités d’accès à l’école dans divers contextes, relevant aussi bien de la formation initiale que des offres associatives pour la formation d’adultes.

Weakley (2011) met en évidence les innovations techniques qui ont été pensées pour que les TNI soient adaptés aux contextes africains.

Objet de mise en œuvre des objectifs internationaux d’éducation, le TNI a un impact sur la dotation des écoles et des lieux de formation en matière de ressources pédagogiques et de ressources techniques. Certaines initiatives permettent, de plus, de familiariser les publics à l’informatique là où les moyens technologiques sont faibles, grâce par exemple à des TNI fonctionnant grâce à l’énergie solaire.

D’autres retours d’expérience (« Bilan très négatif du tableau blanc interactif dans les écoles du Québec », 2013)se montrent toutefois beaucoup plus critiques envers le TNI : le bilan de l’étude conduite par l’Université de Montréal sur l’introduction massive des TNI dans les écoles primaires et secondaires québécoises en 2011, montrent en effet leur sous-utilisation importante. En cause trois obstacles majeurs engendrés par l’outil : des difficultés en termes d’organisation de la classe, en termes de formation des enseignants auxquelles s’ajoutent des difficultés d’ordre technique. La recherche montre aussi que les représentations des acteurs sur le TNI peuvent être très positives, parfois idéalistes, sous l’influence de la diffusion de retours d’expérimentations par des acteurs convaincus.

Boulc’h & Baron (2011) montrent que les préconçus des futurs enseignants dépendent, entre autres, d’un contact préalable avec l’objet ou d’une formation spécifique. L’impact sur les apprenants et les obstacles rencontrés peuvent dépendre de facteurs propres aux disciplines. L’équipe du laboratoire LUTIN (Laboratoire des Usages en Technologies d’Information Numériques) s’attarde ainsi sur l’exemple de la lecture : les différentes dimensions de l’activité peuvent, lorsqu’elles sont associées à l’utilisation d’un TNI et qu’elles sont incomplètement, voire non prises en compte dans les modalités d’enseignement, engendrer des difficultés ou des blocages (Laboratoire LUTIN, 2011). Les auteurs isolent dans ce cadre des facteurs de visibilité, de lisibilité, de compréhension ou encore, des facteurs physiologiques.

Les articles, pour beaucoup, montrent la prédominance du rôle des enseignants dans les apports possibles des TNI à la classe, à la manière d’enseigner et aux élèves. Ainsi, Duroisin, Temperman & De Lièvre (2011) concluent que ce sont les modalités d’usage qui vont créer des dynamiques d’apprentissages différentes et impacter les pratiques pédagogiques. Villemonteix & Stolwijk (2011) notent, quant à eux, que le TNI en lui-même n’apporte pas de changement mais que ses retombées vont dépendre de l’implication et de l’attitude pro-active de l’enseignant dans sa démarche d’appropriation de l’objet. Cette dernière se trouve par ailleurs impactée positivement par le soutien de l’institution scolaire et des équipes pédagogiques.

L’apport des TNI apparaît ainsi dépendant des pratiques enseignantes et non lié à l’objet-même. Les conditions de son apport semblent ainsi dépendre particulièrement de la volonté des différents acteurs de perturber leurs habitus professionnels et de développer une attitude de construction et de réflexion par rapport à leurs pratiques.

(JTT)

1 Ce corpus a été limité en termes quantitatifs suite aux échanges avec les commanditaires des actions de veille.

2 Il est parfois fait mention de TBI (Tableaux Blancs Interactifs) dans les documents, nous avons choisi le sigle TNI qui renvoie de manière plus directe à la dimension informatisée de l’instrument.

3 On a distingué l’Afrique de l’Afrique subsaharienne dans les différents classements soit parce que les documents faisaient référence à la situation du continent de manière générale, soit parce qu’ils faisaient référence à des pays d’Afrique non-francophone.

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